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Nous aimerions amener Dieu à suivre notre propre cheminement, alors qu'il attend notre disponibilité absolue. La réconciliation de l'humanité avec Dieu a commencé au désert, dans l'humiliation d'être des pauvres, des mendiants de la grâce. Plus la sainteté de Dieu pénètre dans le coeur d'un humain et plus elle l'illumine sur sa misère profonde. Tant que l'on était médiocre, on ne voyait pas sa pauvreté. C'est pourquoi, les saints ont d'abord été des hommes de prière, c'est là qu'ils ont puisé la force de devenir des saints, et c'est surtout par la puissance et l'efficacité de leur prière qu'ils ont secouru leurs frères. Vient ensuite, la nécessité de dire un " oui " total et plénier à la volonté du Père. Quiconque s'engage à la suite du Christ sur le chemin des Béatitudes doit un jour ou l'autre dire comme lui à Gethsémani : " Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ". (Mc 14, 36). Le travail de l'abnégation du moi est l'œuvre capitale de la vie. L'expérience prouve que si l'on examine la vie des religieux ou simples fidèles, fervents, pieux et dévoués, l'on constate que ce qui leur a manqué, ce n'est ni une vie intérieure profonde ni un sincère et vif amour de Dieu et des âmes, mais bien une certaine plénitude dans le renoncement, une certaine profondeur d'abnégation et totalité de l'oubli de soi qui les eût entièrement livrés au travail de Dieu en eux. Aimer Dieu, le louer, se fatiguer à son service, autant de choses qui attirent les âmes religieuses; mais mourir totalement à soi-même, obscurément, dans le silence de l'âme et se laisser détacher à fond, par la grâce, de tout ce qui n'est pas pure volonté de Dieu, voilà l'holocauste secret devant lequel reculent la plupart des âmes; le point exact ou leur chemin bifurque entre une vie fervente et une vie de sainteté. (P. de Guibert, s.j.). Il ne s'agit pas de faire des prouesses d'ascèse, mais d'un renoncement tout intérieur à la volonté propre qui devra s'inscrire dans les actes extérieurs. Il est dit que " le bon exemple prêche plus que les discours; souvent, on redresse les autres simplement en marchant droit. " L'ascèse, c'est d'accepter d'être interpelé, et non de jeûner. L'homme renonce à décider librement et laisse définitivement Dieu disposer de lui, révélant alors la loi fondamentale de l'existence du Christ : " Je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté mais pour faire la volonté de Celui qui m'a envoyé " (Jn 6, 38). C'est exactement le " qu'il m'advienne selon ta Parole " de Marie qui a créé en elle un espace libre pour que cette Parole de Dieu prenne chair en elle. Nous aimerions amener Dieu à suivre notre propre cheminement, alors qu'il attend notre disponibilité absolue. Au détour du chemin, il nous appelle à donner ce que nous n'avons pas prévu, à livrer notre vie sur un plan auquel nous n'avons pas pensé. C'est alors qu'on peut vraiment donner sa substance, en un mot " se livrer ". La vraie générosité est de se voir tel qu'on est et qu'on ne soupçonnait pas. |
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