L'EGLISE Eglise Orthodoxe Française

eglise orthodoxe francaise

Enluminure "La Fontaine de Vie", évangéliaire de Charlemagne - VIII° S.A l'image vivante, joyeuse et si fraîche, malgré les siècles, de cette enluminure du VIII° siècle de notre pays, La Fontaine de Vie , L'EGLISE ORTHODOXE FRANÇAISE est une jeune Eglise chrétienne, locale et occidentale, s'inscrivant dans l'expression du christianisme orthodoxe.

Par un vécu authentique et véritable de l'esprit évangélique dans la structure ecclésiale simple, locale, historique, des temps apostoliques, dans la plénitude de la foi droite des origines dite "orthodoxe" et autour de sa liturgie première : le rite des Gaules, l'E.O.F. souhaite faire ressurgir et partager en France cette foi originelle et vivifiante, cette « juste glorification » qui était celle de notre pays durant le premier millénaire. Ses racines plongent en effet dans la Tradition première de l'Eglise Indivise afin de retrouver cet  « équilibre doctrinal et ecclésiologique du christianisme primitif » (J. Meyendorff).

Ainsi, l'Eglise Orthodoxe Française propose un retour aux sources et invite ceux qui ont soif d'authenticité à venir goûter, avec nous, comme le Seigneur est bon. (1P2, 1-3)

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Et, cher lecteur, si tu t'intéresses vraiment à ton Eglise, peut-être voudras-tu faire tienne cette parole :  "Viens et vois : on ne conçoit l'Eglise que par l'expérience, par la grâce, en participant à Sa Vie." (S. Boulgakoff "L'ORTHODOXIE")coq

 


 

"A CECI TOUS VOUS RECONNAITRONT POUR MES DISCIPLES :
A L'AMOUR QUE VOUS AUREZ LES UNS POUR LES AUTRES"
Jean XIV, 35.

L'EGLISE ORTHODOXE FRANÇAISE est une jeune Eglise locale soucieuse de faire renaître, vivre et partager la foi chrétienne authentique du paysage de la France des premiers siècles.  

Au service de l'amour - "Voyez comme ils s'aiment !" disait-on des chrétiens d'alors, incarnant cette parole de Dieu : "A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciS.E. Mgr MARTIN, évêque de saint Maximin - La Sainte Baume. Eglise Orthodoxe Française.ples : à l'amour que vous aurez les uns pour les autres" Jean 14, 35. L'histoire des hommes montre nos faiblesses et nos défaillances… L'Esprit Saint ne cesse de vivifier, Il rappelle aux Sources… et à l'Eglise sa vocation d'apprendre à aimer.
Ainsi, dans cet éthos comme celui de sa filiation apostolique, l'Eglise Orthodoxe Française partage, avec d'autres Eglises Orthodoxes-sœurs, une structure ecclésiale simple, équilibrée et très collégiale, fortement enracinée dans l'historique de la France et la (sa) Tradition vivifiante de l'Orthodoxie, toujours soucieuse de protéger  - et de développer - la plus "juste louange" à Dieu.  

Un pont entre Orient et Occident – L'Eglise Orthodoxe Française jette ses racines dans le passé apostolique et patristique de l'Europe et de la France. Elle a po ur vocation, d'une part, d'être unis à l'Orthodoxie universelle et, d'autre part, être de la France, de l'Occident. Dans cet esprit, l'EOF célèbre deux rituels liturgiques : celui des Gaules et celui de St. Jean Chrysostome… Orient et Occident chrétiens, deux poumons pour un même Souffle. 

Enracinement et ouverture – "Puisant sa sève en abondance, résistant aux plus âpres tempêtes; de toute la vigueur de ses racines, l'arbre déploie sa ramure magnifique et peut, alors, offrir ses plus beaux fruits". Cette métaphore illustre l'enracinement et l'ouverture de notre Eglise et son attachement aux dialogues interreligieux. Différents représentants des grandes traditions spirituelles sont ainsi accueillis au Monastère Saint Michel du Var, lors de rencontres thématiques. S'enrichir de nos différences pour mieux s'aimer en retour.
Notre père-fondateur, feu Mgr Vigile et, aujourd'hui, Mgr Martin, évêque de l'EOF, incarnent ces dynamismes et invitent ceux et celles qui ont soif d'authenticité à venir goûter "comme le Seigneur est bon". (1P2, 1-3)

Eglise Orthodoxe Française. Logo

Nous l'avons vu, notre pays, dans sa Tradition chrétienne d'origine, confessait la foi « unique » de l'Eglise indivise des huit ou neuf premiers siècles : la foi chrétienne des origines.feu SE mgr VIGILE, archevêque de l'E.O.F.

De ce constat historique, et au regard de l'état actuel de l'Eglise chrétienne en France et en Occident, sont nés le besoin et la volonté de revenir à cette foi et cette ecclésiologie originelles, de faire ressurgir cette "juste glorification " en France, de retrouver cet " équilibre doctrinal et ecclésiologique du christianisme primitif " ... Un juste retour des choses, pourrait-on dire.

Dans l'esprit de cette résurgence est née, ou plutôt a été suscitée, avec d'autres, l'Eglise Orthodoxe Française, à Paris, en 1975. Une Eglise locale occidentale dans la Tradition orthodoxe qui souhaite répondre à l'attente des fidèles concernant ce retour aux sources par un vécu authentique et véritable de l'esprit évangélique dans le contexte de la structure ecclésiale - simple - des premiers siècles.

Afin qu'il n'y ait aucune équivoque possible, nous aimerions faire notre, cette déclaration du précurseur de l'Orthodoxie occidentale - Mgr Jean de St. Denis de l'Eglise Catholique Orthodoxe de France (E.C.O.F.) - prononcée lors de son discours à l'Assemblée générale de cette Eglise en 1966 :

" Malgré nos faiblesses et nos défaillances, nous sommes appelés par la Providence à défendre [...] Eglise orthodoxe occidentale, l'Eglise locale qui jette ses racines dans le passé apostolique et patristique de l'Europe et de la France. Notre vocation est d'être, d'une part, orthodoxes totalement, sans équivoque ni déviation, unis dans la Vérité et l'Esprit à l'Orthodoxie universelle et, d'autre part, être de la France, de l'Occident ".

L'Eglise Orthodoxe Française a alors pour évêque, S.E. Mgr VIGILE, évêque de Paris dont la succession apostolique provient de l'Eglise Grecque, dite « des Vieux Calendaristes ».

L'évêché fut donc tout d'abord à Paris, à l'ancienne paroisse de l'Eglise, fondée dans le 15° arrondissement, et qui sera également le siège de l'association jusqu'en 1990. C'est aussi de cette paroisse que seront issus, en 1981, les premiers moines du monastère saint Michel du Var.

 

Consciente de l'importance, sinon de la nécessité, de vivre dans l'intercommunion avec l'ensemble des autres Eglises orthodoxes, l'Eglise Orthodoxe Française - jeune Eglise locale - entre, en novembre 1987, dans le synode de la Métropolie Orthodoxe d'Europe Occidentale mais, surtout, elle est reconnue, en 1989, comme Eglise-sour par l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne - Patriarcat de Kiev et de toute la Rus'Ukraine, qui a, alors, pour Primat le Métropolite MSTYSLAV, et avec laquelle notre Eglise va se trouver désormais en pleine communion .

 

feu S.S. Volodymyr, Patriarche de l'Eglise Orthodoxe UkrainienneEn Octobre 1993, Sa Sainteté VOLODYMYR succède à S.S. MSTYSLAV et devient Patriarche de toute la Rus'Ukraine. Un Tomos reconnaissant l'autonomie de la Métropolie d'Europe Occidentale sera conféré solennellement le 20 Mars 1994, en la chapelle du Patriarcat de Kiev. Des liens de grande compréhension naissent entre le Patriarche et Mgr VIGILE. Liens qui se renforceront lorsque Sa Sainteté viendra séjourner une quinzaine de jours au monastère Saint Michel du Var en Novembre où réside Mgr VIGILE. Une réelle amitié naît alors entre ces deux hommes qui partagent une conception identique, simple et humble, de la vie de l'Église où Dieu est toujours « premier servi ».

Hélas ! Quelques mois plus tard, en Juillet 1995, S.S. VOLODYMYR naît à son tour au Ciel, laissant son Eglise aux mains d'un homme plutôt controversé au sein de l'orthodoxie : il s'agit du Métropolite PHILARETE.

Le 11 Août 1996, l'Église Orthodoxe Française prend la décision de se retirer du synode de la Métropolie devant l'attitude non-canonique du Métropolite EULOGE de Milan. De ce fait, l'E.O.F. se retrouve privée de sa protection canonique avec l'Ukraine pour un temps qui, par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, nous l'espérons, sera le plus court possible. A ce propos, le lecteur doit savoir que, toujours dans ce désir et ce souci de communion avec l'ensemble des Eglises orthodoxes, l'E.O.F. a tenté plusieurs fois d'entrer en contact avec le « comité interépiscopal en France » puis avec « l'assemblée des évêques orthodoxes de France ». La situation s'améliore ; des contacts et des rencontres ont lieu avec des évêques et des prêtres d'autres Eglises orthodoxes - grandes ou plus modestes, reconnues ou non. « Patience et longueur de temps. »

Nous sommes pleinement en accord avec la définition d'Eglise locale donnée dans un des livres de référence de catéchèse orthodoxe : « Au sens strict et traditionnel, l'Eglise locale, c'est la communauté eucharistique rassemblée autour de son évêque en un lieu donné. L'évêque est le garant de la fidélité de cette Eglise à la plénitude de la foi apostolique. La consécratioS.E. Mgr Martin, évêque de l'Eglise Orthodoxe Françaisen de l'évêque par deux ou trois autres évêques est le signe visible de la reconnaissance par les autres églises locales de la foi apostolique de cet évêque et de son Eglise qui est, en un lieu donné, l'Eglise « selon le tout » (cf. saint Ignace : « Là où est l'évêque, là est l'Eglise »). L'Eglise Orthodoxe Française fait plus que tendre une main de communion ; elle ouvre les bras à tous ceux qui veulent bien l'accueillir pour oeuvrer à la plus grande gloire du Christ dans l'esprit de la foi apostolique.

Parallèlement, l'E.O.F. cherche aussi à se rapprocher des autres Eglises orthodoxes de même tradition occidentale.

Au cours des années 2002 et 2003, des réunions eurent lieu avec l'E.C.O.F. (Eglise Catholique Orthodoxe de France), l'Eglise Orthodoxe Celtique et l'U.A.C.O.R.O. (issue de l'E.C.O.F.) dans le but de mieux se connaître pour, plus tard, travailler ensemble à la résurgence de la foi orthodoxe dans son expression occidentale qui fût celle de tous les chrétiens de France du premier millénaire. d'autres relations (plus communautaires) se tissent toujours autour de ce thème si fondamental pour nous.

Le 24 Octobre 2004, a lieu le sacre épiscopal de Mgr MARTIN (Laplaud) en l'église du monastère Saint Michel du Var par S.E. Mgr IGILE, archevêque de l'E.O.F. et LL.EE. Mgrs, MAEL et MARC de l'Eglise Orthodoxe Celtique. L'élection par les fidèles avait eu lieu plusieurs semaines auparavant. A l'âge de 44 ans, Monseigneur MARTIN devient évêque de Saint Maximin - La Sainte Baume et le second évêque donné à l'Eglise Orthodoxe Française par la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ....Ad multos anos .

Evêques de la communion de nos Eglises Orthodoxes OccidentalesCommunion de trois Eglises occidentales

Lors de la fête de la Nativité de notre Seigneur, le 25 décembre 2007, l'EGLISE ORTHODOXE CELTIQUE, l'EGLISE ORTHODOXE DES GAULES et l'EGLISE ORTHODOXE FRANCAISE s'unissent "en vue de coopérer ensemble à la Gloire de Dieu" texte du 29 oct.2006) créant ainsi la Communion des Eglises Orthodoxes Occidentales.

Communion ouverte à d'autres Eglises animées du même esprit, du même désir et respectueuses de notre héritage culturo-spirituel... "Soyez un, comme mon Père et moi nous sommes Un".

Sa Sainteté Mstyslav rencontre S.S. Bartholomeos, Patriarche de Constantinople
1992 (Phanar)
S.S. Mstyslav, Patriarche d'Ukraine avec le Patriarche de Constantinople

Le prédecesseur de SS. Volodymyr rencontre le Patriarche de Constantinople 


SACRE de Sa Sainteté VOLODYMYR 1°, Patriarche de Kiev et de toute la Russ'Ukraine.
1994 (Eglise Ste Sophie de Kiev).
Mgr Vigile au sacre de S.S. Volodymyr à Ste Sophie de Kiev Mgr Vigile au sacre de S.S. Volodymyr à Ste Sophie de Kiev
Entrée des hiérarques Communion de Mgr Vigile
SS Volodymyr et SE mgr Vigile à Kiev S.S. Volodymyr, Patriarche d'Ukraine, en visite au Monastère Saint  Michel du Var
SS Volodymyr et Mgr Vigile au Patriarcat
avant le retour en France

S.S. Volodymyr au monastère st. Michel du Var
(Voyage officiel du Patriarche)

 

SACRE de Sa Sainteté PHILARETE, Patriarche de Kiev et de toute la Russ'Ukraine.
1996 (Kiev).

S.E. Mgr Vigile à l'allocution de S.S. Philarete, patriarche de Kiev Recueillement sur la tombe de SS Volodymyr.
Allocution du nouveau Patriarche

Recueillement sur la tombe de S.S. Volodymyr

 

Visite de S.E. Mgr Pierre, exarque de l'Eglise Autocéphale Ukrainienne
2003 (Monastère St. Michel du Var)
S.E. Mgr Pierre avec la communauté du monastère- 2003.
S.E. l'Archevêque Pierre,
exarque de l'Eglise Autocéphale Ukrainienne pour l'Europe de l'Ouest en visite au monastère.

Le reproche souvent entendu à propos de l'E.O.F. - et d'autres Eglises occidentales - concerne sa non-reconnaissance par les Eglises d'Orient. Elle serait due à son manque de canonicité...On peut considérer qu'il existe deux « types » de canonicités :

La foi - Dans son essence, elle a été définie par les sept Conciles oecuméniques et les neuf Conciles Provinciaux. Concernant cettecanonicit canonicité, l'Eglise Orthodoxe Française ne saurait être prise en défaut. Elle a toujours tenu à respecter scrupuleusement les canons de l'Eglise Orthodoxe et les fondements spirituels de la Tradition première - Tradition commune à tous mais, néanmoins, rappelons-le, diversement colorée d'usages locaux (Principe d'unité dans la diversité ou d'« Unité plurielle ».)

La question juridique - « L'Église universelle est une communion d'Eglises locales. Chacune étant intérieurement identique à toutes les autres. [...] Les Eglises locales sont donc reliées les unes aux autres, non comme des parties subordonnées à un tout plus grand mais sur le principe d'identité ». C'est là, en effet, que se situe la problématique : l'Eglise Orthodoxe Française n'étant pas reconnue par une Eglise orientale, sa position canonique reste délicate et controversée. Mais, encore une fois, il faut rappeler, et dire avec force, que l'E.O.F. aspire profondément à être reliée à la communion de l'Église orthodoxe occidentale. Comme on l'a vu plus haut, des démarches en ce sens sont entreprises et l'appel est à nouveau lancé...

A ce propos, citons le Père Justin Popovitch : « A l'horizon se dessine la naissance de nouvelles Eglises locales qu'aucune « super-Eglise » de type papal ne peut priver de leur liberté dans le Seigneur (canon 8, 3eme saint Concile oecuménique), car ce serait une attaque contre l'essence même de l'Eglise.» et, plus important encore, cette parole du Christ : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres. » Jean XIII, 35.

En premier lieu, l'Eglise Orthodoxe Française célèbre une Liturgie orthodoxe d'occident : le rite des Gaules. "Le rite le plus légitime en France" dira la Confrérie st. Photius , précurseur de l'orthodoxie occidentale dès 1925.

La Liturgie de st. Jean Chrysostome, liturgie byzantine, est également célébrée de façon régulière (chaque Jeudi au monastère St. michel). L'E.O.F. est bi-ritualiste.

caliceHistoriquement, la liturgie du rite des Gaules est intimement liée aux origines du christianisme dans notre pays ; elle fait partie de son propre terroir spirituel car elle y était célébrée avant que Charlemagne n'impose le rite de Rome aux VIII-IX° siècles. La Liturgie des Gaules a pu être reconstituée à partir de deux copies de lettres de saint Germain de Paris (IV° siècle). Le précurseur de ce renouveau fut d'abord l'Abbé GUETTEE qui, en 1874, publie la Messe des Gaules dans sa revue. Plus tard, dans la fin des années trente, avec l'approbation du Patriarcat de Moscou (Métropolite Euloge), en 1939, un premier travail de restauration de ce rite sera réalisé par quelques personnes comme Dom Lambert Bauduin et l'archimandrite Alexis van der Mensbrugghe. Une commission liturgique animée par le père Eugraph et son frère Maxime se penche à nouveau sur la restauration du rite des Gaules."Ce fut un long travail" dira le père Eugraph avec sa modestie habituelle.

.A Eglise locale, rite liturgique local en langue locale.

L'E.O.F. célèbre le rite des Gaules en français et tous les offices sont chantés a cappela et en polyphonie. Quant à la Liturgie de saint Jean Chrysostome - rite liturgique byzantin commun à l'ensemble des Eglises orthodoxes - elle est régulièrement célébrée par volonté et esprit de communion avec l'ensemble de l'Église mais il ne faut pas oublier que ce rite byzantin n'a jamais été célébré comme « rite local organique » en Europe occidentale. En adoptant le seul rite byzantin nous serions des "ambassadeurs" de l'Orient au mépris d'une tradition liturgique riche et séculaire, à la portée de notre main.

PHILOCALIE signifie "amour de la beauté" dans le sens littéral que lui donne l'hellénisme chrétien. Cette "Beauté" désigne à la fois celle de Dieu et celle de la créature transfigurée dans le sens que pourrait lui donner saint Denys l'Aéropagite disant d'elle qu'elle suscite toute communion.

"Que tous soient un comme nous sommes un" Jn XVII 22.

Beauté du Un retrouvé.
Tous, nous sommes appelés à nous unifier à Dieu, en nous simplifiant, nous unifiant déjà intérieurement.

"Nous participons de la beauté ultime, qui est la beauté originelle. La mort de la chair terrestre et la fin du monde n'ont pas prise sur cette beauté. Car elle est plus que le monde. A la fin, plus bas et plus haut que la mort, le monde entier ne sera plus qu'une immense et intense lumière où nous verrons rayonner le visage de ceux que nous aurons aimés, et ces visages auront le visage du Christ, et le visage du Christ aura leurs visages. C'est là le témoignage rigoureusement concordant de tous les Saints. C'est là l'expérience que simplement, humblement, chacun de nous peut faire en pleine vie quotidienne. Mais à une condition : que nous soyons follement amoureux de la beauté originelle absolue, donc de Dieu seul.

L'amour de la beauté - la philocalie, comme l'appelaient les Byzantins - ce "manikos éros" des Pères du désert, cet amour fou, est en effet paradoxalement une voie d'ascèse. Ici la beauté est un absolu. Elle n'est pas un qualificatif que nous pourrions nous-mêmes ajouter ou retrancher aux choses. La beauté est d'abord dans le regard de Dieu ."

"Qu'on l'accepte ou non, qu'on en éprouve de l'effroi ou de la satisfaction, c'est vers l'universalité et l'unité que se meuvent tous les hommes d'Orient et d'Occident en quête de profondeur." . La volonté libre est volonté d'universalité disait Platon.

L'Église Orthodoxe Française est soucieuse de susciter et de développer ce type de prise de conscience en faisant en sorte que l'homme retrouve goût à l'animation de son intériorité, de sa vie intérieure. Pour que l'homme travaille à "l'éveil et la croissance de sa dimension divine".

Le beau et le bon

Le mot hébreu « tob » qui ponctue les phases de la création du monde dans le récit de la Genèse signifie en même temps bon et beau. « Dieu vit que c'était bon » veut dire également « Dieu vit que c'était beau ». En hébreu la bonté et la beauté sont comme les deux faces, intérieure et extérieure, de la révélation du monde. Il en est de même en grec. Pour les Grecs, le "kalon kai agathon" (le beau et le bon) était dans un sens déjà plus moral que cosmique, une même vertu." Ainsi "Beauté", dans la tradition grecque, réunit les notions de beau, de bon et aussi de bien; pensée d'ailleurs chère à Platon.

La Jérusalem Céleste

La Jérusalem Céleste. Illustration du père BasilePourquoi ne pas parler alors d'Églises philocaliques ? Notre Eglise terrestre n'est-elle pas le fondement de la Jérusalem Céleste, cette réalité absolue, ce "signe ultime de l'icône du Royaume" ? C'est bien ce que nous dit Jacques Touraille quand il évoque la nouvelle Jérusalem, "communion éternelle de la beauté de Dieu et de la beauté du monde, transfiguration des énergies de la création dans la lumière incréée". La réalité absolue ne saurait être le monde que nous connaissons ; la Jérusalem Céleste a, dans le livre de l'Apocalypse, la forme d'une cité qui récapitule toutes les formes cosmiques. "Cité Sainte" est son nom dans la Bible ; elle est "comme une épouse parée de beauté pour son époux". Cette beauté est la beauté du monde et elle sera la transfiguration du monde dans la lumière éternelle, "dans la lumière de Dieu : dans sa gloire".

Dans l'attente de cette nouvelle Jérusalem, dans la gestation même de sa venue, au sein de son fondement - notre Église terrestre - préparons son avènement dans "l'amour des autres qui est aussi l'amour de la beauté" dans l'esprit de cette philocalie qui est de "susciter toute communion".

Le Christ nous demande-t-il autre chose ? Et n'est-ce pas là l'ultime but eschatologique ?

« Celui qui aime Dieu ne peut qu'aimer
chaque homme comme lui-même ».

Dans un esprit filial et la volonté de vouloir incarner cette parole de saint Maxime le Confesseur, l'E.O.F. est heureuse d'accueillir des représentants d'autres grandes traditions spirituelles : hébraïque, bouddhiste, soufie (courant au sein de l'Islam), etc...

Ainsi des échanges avec nos frères tibétains et soufis ont eu lieu chaque été pendant quatre ans au Monastère St. Michel du Var. Ce furent toujours de grands moments, des La Communauté. Illustration du père Basileexpériences profondes, des échanges simples dans l'amour mutuel et une communion de coeur sans syncrétisme. Comme le disait l'archevêque Anastase de Tirana : «Un dialogue respectueux des principes religieux et des opinions des autres ne signifie pas un syncrétisme et une décoloration de notre foi.[.].Plus de temps et de moyens doivent être dégagés pour la rencontre réelle, spontanée, pour l'amitié[.]. Les inter-relations personnelles, qui facilitent la compréhension de notre humanité commune, permettent au dialogue d'aller plus loin, plus aisément ».

De façon plus solennelle, un texte important a été soumis aux Eglises membres de la Conférence des Églises Européennes (KEK), il s'inscrit dans un «projet de Charte ocuménique» rendu public le 24 Août 1999. On peut lire au paragraphe : Cultiver les relations avec les autres religions : « Nous accordons du prix à la rencontre avec les membres d'autres religions [.] Nous nous engageons à cultiver et à soutenir la rencontre, la discussion et l'échange avec d'autres religions ». Au début de ce troisième millénaire, voilà qui est encourageant.

D'autres rencontres inter-traditions sont prévues. Elles seront vraisemblablement organisées par le monastère saint Michel du Var, dès que les nouvelles stuctures d'accueil et de conférence seront réalisées.

 
Citation du vendredi

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