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Chers amis, sœurs et frères en Christ, Dans la Tradition ecclésiale occidentale, le cycle liturgique a atteint son zénith, dimanche dernier, à l’occasion de la solennité de la Pentecôte, fête de l’accomplissement de la splendeur trinitaire… Le Feu tant désiré est descendu du ciel. Alors qu’Israël chantait et dansait à Jérusalem, célébrant « la fête des semaines » (récoltes des blés et des orges) et la mémoire du don de la Torah à Moïse, cinquante jours après la sortie d’Egypte, les apôtres réunis dans la chambre haute sont baptisés dans l’Esprit Saint... Les mots du texte sacré (Actes des Apôtres, chapitre 2) semblent manquer d’espace pour décrire leur ineffable expérience… A l’Annonciation, Marie, la Vierge, avait été visitée du feu de l’Esprit Saint, à travers la présence de l’archange Gabriel et avait conçu le Verbe ; à la Pentecôte, les apôtres réunis autour de Marie reçoivent sous forme de « langues qu’on eût dites de feu », le don de parler et d’entendre le langage de l’autre pour célébrer avec lui les merveilles de Dieu… Dans le dépassement de toutes les contradictions du monde, dans l’avènement de l’Unité retrouvée au cœur de différences qui ne sont plus vécues comme des séparations, la Pentecôte de Jérusalem devient « prémices » de la grande réparation du chaos de Babylone, ville symbolique de tous les désordres relationnels (fusions, confusions, emprises ou exclusions…) Saisis ensemble dans l’embrasement de l’Esprit, les apôtres deviennent l’Eglise, levain de la nouvelle humanité au cœur de l’Ancien Monde… L’Esprit Saint transforme aussi radicalement tous les comportements relationnels des proches disciples du Christ en les rendant ensemble « un seul cœur et une seule âme », dans le respect des charismes uniques de chacun et chacune. Ainsi, recevoir l’Esprit Saint, pour les disciples du Christ de tous les temps, c’est véritablement achever de naître en Eglise comme Personnes uniques signifiant au monde une manière unique d’incarner la Vie, l’Amour, la Conscience. « Je veux être sainte… sinon rien » s’écrie, ivre d’Amour, sainte Thérèse de Lisieux. « Le but de la vie chrétienne, c’est l’acquisition de l’Esprit Saint » enseigne, de manière plus prosaïque, saint Séraphin de Sarov. En nous donnant l’Esprit Saint, Dieu nous « oblige » à accomplir le plus haut destin de l’homme. Le plus haut destin de l’homme, ce n’est pas seulement de croire en Dieu, ce n’est pas seulement de pratiquer telle ou telle voie religieuse pour s’unir à Lui ; le plus haut destin de l’homme est de « faire Dieu » à la mesure où nous « sommes faits par Lui ». Voilà le chemin de la déification ; voilà la très haute responsabilité ; voilà l’ultime liberté ; voilà le couronnement de l’Amour et la perfection de la Voie. On demandait à Jean Cocteau : « si votre maison brûlait, qu’emporteriez-vous ? » « J’emporterais le feu !...» ![]() + Martin, évêque de saint Maximin - La Sainte Baume |
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