MESSAGE pastoral

 

 

 

Message de Grand Carême

 

 

Bien chers frères et sœurs en Christ,

 

Après la célébration de l’office des cendres, ce mercredi 26 février, une grande majorité de communautés chrétiennes sont entrées dans le Grand Carême…

 

Ce temps liturgique offert par l’Eglise est béni car il nous convie chaque année à un véritable pèlerinage vers Pâques, « Fête des Fêtes » grandiose où sont célébrés « la mise à mort de la mort, la destruction de l’enfer et le début d’une vie nouvelle et éternelle… »

 

Cette marche est aujourd’hui comme hier d’une brûlante actualité ! A toutes les questions qui hantent les profondeurs angoissées de l’humanité, l’évènement pascal apporte la réponse ultime et définitive : CHRIST EST RESSUSCITE ! Oui, par le Christ et dans le Christ ressuscité, ce n’est plus l’ignorance, l’inconscience, la bêtise, la maladie qui auront le dernier mot mais la Force invincible d’une Vie donnée qui avalera toutes formes de mort ! Ainsi, à travers l’avènement de la matière glorieuse signifié par la Résurrection de Jésus-Christ, Vrai Dieu et Vrai Homme, toutes les matières créées sont déjà potentiellement sauvées… Telle est la foi de l’Eglise manifestée par ses saints innombrables !

 

Et par notre baptême, nous sommes tous ensemencés de la force prodigieuse de cette expérience fondatrice. Pourquoi sommes-nous alors encore tellement loin de son actualisation ? Le drame de notre vie se résume en un seul mot : l’oubli ! Nous continuons à vivre sans référer notre vie à la Vie nouvelle que le Christ nous a révélée et communiquée. En fait, nous vivons comme s’Il n’était jamais venu ! Par cet oubli, notre vie redevient « vieille », mesquine, enténébrée, désorientée, insensée…

 

Là est sans doute le seul vrai péché, la tragédie insondable de nos existences…

 

Le Carême est alors la vigoureuse proposition que nous offre l’Eglise pour vivre un profond retournement intérieur et retrouver l’incandescence de notre Désir de Dieu, l’Unique Essentiel… Il est ce temps béni nous permettant de consacrer plus de temps à la prière, à la méditation, à la lecture des Ecritures ou la vie des Saints dans une relation renouvelée au Seigneur ; un temps béni aussi pour s’éveiller à plus de générosité en offrant du temps au frère ou à la sœur oubliée comme sacrement de la Présence ; un temps béni enfin pour découvrir les bienfaits d’une « sobriété heureuse » capable de ré-enchanter le monde…

 

C’est dans cette perspective écologique que nous pourrions observer un jeûne selon nos possibilités en se souvenant que l’abstinence de certaines nourritures n’est pas un combat contre mais pour le corps – le nôtre et celui de la création -, au service non de sa frustration mais de sa possible transfiguration. C’est aussi dans ce contexte que nous pourrions éviter les paroles inutiles en privilégiant le silence pour mieux entrer en soi-même…

 

Oui ! Supplions l’Esprit Saint de nous aider à discerner tous les lieux perdus du cœur, lieux rebelles, indifférents ou apeurés, lieux du péché qui continuent à alimenter les grandes vagues de violence au cœur du monde. Rendons grâce, « veillons et prions… »

 

J’aime rappeler qu’en Grèce, le premier jour du carême se déroulait la première célébration en plein air de l’année. Les familles se rendaient alors à la campagne, se déposaient un moment sur l’herbe verte des collines environnantes et libéraient des cerfs-volants…

 

Belle marche en Eglise, seul(e) et ensemble pour notre bien-être et le bien-être du monde. Chaleureuses bénédictions dans cette montée vers Pâques…

 

Évêque Martin