MESSAGE pastoral DE NOËL

 

Chers pères,

Chers frères et sœurs en Christ,

 

Quelques mots en ce dimanche de l’octave de Noël pour vous rejoindre, chacune et chacun, dans vos demeures respectives et vous témoigner toute mon amitié spirituelle.

 

Les récits de la Naissance de Dieu dans la chair sont rapportés par les évangélistes Matthieu et Luc. Saint Marc n’en touche aucun mot...

Et saint Jean, l’apôtre « au secret divin », l’Aigle de Dieu, dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire dans la tradition liturgique occidentale, consacre un seul verset de son évangile à cet évènement : « Et le Verbe s’est fait chair, Il a planté sa tente parmi (en) nous, et nous avons contemplé Sa Gloire... » (Jean 1, 14)

 

En ces temps d’hiver sur le monde, la « grotte » ou la « crèche » ou la « tente » sont autant d’images fécondes pour désigner un « lieu sans lieu » dans les profondeurs du corps et du cœur où siège désormais la force paisible de l’indicible Présence du Sauveur... Une Présence qui dort tranquillement dans le fond de la barque de notre humanité douloureusement éprouvée dans le tumulte des tempêtes qu’elle traverse ; une Présence de Vie-Lumière qu’aucune ténèbre ne peut saisir, qu’aucune mort ne peut avaler, qu’aucune chaîne ne peut contraindre...

 

Eveillons-La ! Réveillons-La en nous ! Réveillons-nous en Elle ! Plus que jamais à Noël, nous découvrons que ce qu’on nous fait passer pour vrai dans la réalité quotidienne - à savoir les redoutables formes de l’idolâtrie ambiante - n’est que l’envers d’un monde dont nous retrouvons, dans la Présence paisible de l’Enfant-Roi, l’endroit tissé de Beauté, de Liberté, d’Innocence, de Joie, d’Amour, de Silence...

 

Présence rayonnante de l’Enfant divin mais aussi de la Vierge Marie dont il nous est dit « qu’elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Luc 2, 19) L’avons-nous suffisamment entendu ? La Révélation proclamée à Noël nous rappelle que tout être humain portant l’image de Dieu dans ses entrailles a pour vocation ontologique de devenir « Mère de Dieu... » Oui ! Par la Vierge Marie qui est en nous, nous devenons « Mère de Dieu », par elle, en elle.

 

Mystère inouï car, si nous naissons tous de Dieu, nous découvrons, émerveillés, que Lui aussi veut naître de nous. Cette réciprocité nuptiale est le grand secret de toute la révélation biblique, l’un des plus hauts sommets de l’Evangile : « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est une mère. » (Marc 3, 35)

 

Qu’en ce temps béni d’octave de la fête de la Nativité du Seigneur, la Divine Trinité nous comble de Ses grâces dans le chemin de dévoilement de nos âmes.

 

Chaleureuses bénédictions à chacune et chacun...

 

Évêque Martin