Fresque de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ - Eglise de Saint-Michel du Var - Vadim Garine
Fresque de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ - Eglise de Saint-Michel du Var - Vadim Garine

 JOYEUSE FÊTE DE LA NATIVITÉ A TOUTES ET A TOUS !

"L'empressement" des Mages... de James Christensen
"L'empressement" des Mages... de James Christensen

belle épiphanie !


Message de Noël de mgr Martin

Chers frères et sœurs en Christ, chers amis,

 

 

« N’oublie jamais »… Tel est le titre d’un film sorti au début des années 2000 racontant l’histoire d’un amour plus fort que la mort, la mort  de la mémoire… Dans une maison de retraite, un homme lit chaque jour à son épouse atteinte d’une maladie d'Alzheimer le même livre - en fait, sa propre histoire écrite par elle-même tout au long de sa vie. De plus en plus profondément touchée par les paroles vibrantes d’amour - qu’elle ne sait plus avoir écrites - lues par cet homme – qu’elle ne reconnaît plus comme son époux -, cette femme absentée d’elle-même retrouve progressivement la mémoire de son histoire…

 

 

Serions-nous nous aussi, dans un certain registre, atteints d’une maladie de la mémoire pour oublier si facilement combien nous sommes aimés par un Seigneur passionné d’humanité ? « N’oublie jamais » pourrait être Son cri d’Amour offert en ce jour béni de Noël à chacun et chacune, encore trop souvent indifférent, apeuré, rebelle aussi, trop souvent absent à Sa Présence…

 

Alors, pour que nous n’oubliions jamais, le Seigneur a inscrit dans la mémoire collective de l’Humanité deux signes qui n’auront de cesse d’interpeller le monde, année après année, génération après génération, siècle après siècle ; deux signes placés en vis-à-vis aux deux extrémités de Sa vie humaine : Sa naissance clandestine dans une grotte près de Bethléem ; Sa mort au grand jour sur une Croix au mont Golgotha…

 

Certes, la crèche et la croix s’interpellent à travers de nombreuses correspondances qui les relient : certaines icônes représentent la crèche sous forme de tombeau, où couché dans une mangeoire, le Seigneur se fait « Pain de Vie » offert en nourriture pour le salut du monde ; les langes deviennent la préfiguration des bandelettes mortuaires ; les Rois Mages annoncent les femmes porteuses d’aromates ; Joseph de Nazareth veille sur le ventre de Marie alors que Joseph d’Arimathie offre le sépulcre neuf ; l’enfant-Roi naît dans le ventre minéral d’une grotte et le Corps Glorieux du Christ ressuscité s’éveille dans l’espace vierge d’un sépulcre neuf…

 

Mais plus profondément, la crèche et la croix ont un langage en commun pour dire la folie d’Amour qu’il a plu à Dieu de signifier aux hommes pour confondre tous les pouvoirs et toutes les sagesses du monde. Et il fallait un poète pour exprimer en formules paradoxales ce langage indicible : dans la crèche, « le Créateur est mis au monde comme un enfant ; l’image glorieuse du Père prend la forme d’un esclave ; l’insaisissable se laisse emmailloter ; les torrents de l’amour divin amènent le Tout-Puissant à s’unir à notre fragilité pour nous communiquer le

 

 

Souffle de la Divinité. » Sur la Croix, « le plus beau de tous les mortels, l’Image de la Gloire du Père, apparaît comme un mort défiguré ; Celui qui est le Créateur est giflé par la main de la créature ; le Tout-Puissant est couvert de plaies, et c’est dans ce corps qu’est notre guérison… »[1]

 

Oui ! « Sa puissance à Lui, c’est d’être sans puissance, nu, faible, pauvre – mis à nu par son amour, affaibli par son amour, appauvri par son amour. Telle est la figure du plus grand roi d’humanité… Le monde ne pouvait pas l’entendre. Le monde n’entend que là où il y a un peu de bruit ou de puissance. L’amour est un roi sans puissance… »[2]

 

 

Une question peut rester en suspens pour certains d’entre nous : Pourquoi ?

 

Pourquoi Dieu se trouve-t-Il sur la paille en cette nuit bénie ? Pourquoi consent-Il à se rendre si vulnérable, si fragile, si dépendant des soins d’une mère et de la protection d’un père ? Pourquoi ce miracle d’Amour ?

 

Pourquoi ? Ou pour qui ?

 

La réponse, il y aurait presque de la difficulté à l’entendre : « C’est pour toi… N’oublie jamais… C’est pour toi… Regarde ce visage, cette Face très sainte qui te contemple amoureusement. Tu es accepté(e), tu es désiré(e) de toute éternité. Avant l’éparpillement des mondes, avant le jaillissement des sources, j’ai longuement rêvé de toi et prononcé ton Nom. Tu as tant de prix à mes yeux et tu reviens de si loin… »[3]

 

Souvenons-nous, c’était il y a un peu plus de 2000 ans, « il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie… » (Luc 2, 1-2)

 

« L’empire avait la forme de Babel.
Il pesait sur la terre comme une meule
Et la terre étouffait sous le poids de la roue,
De cette pierre écrasante, l’empire.
Elle souffrait dans la tenaille et le carcan.
Malgré les dieux, l’humanité se sentait seule.
Il lui manquait un père, un ami, dans le ciel.
Il nous manquait un fils plus humain que nous-même.
Il nous manquait une parole, son mystère.
Il nous manquait une veilleuse dans la nuit.
Les jours nouveaux étaient pareils aux jours d’antan.
Un césar succédait à un autre césar.
Il y avait toujours une province qu’il fallait
Ajouter à la province la plus lointaine
Comme l’avare dans sa cave tasse un autre sac
Et puis cet autre encore, il reste assez de place.

 

– Quand viendra l’heure de ton dernier souffle,
Que feras-tu de ton trésor de boue ?
Les forgerons forgeaient plus de cuirasses que de socs
Et les charrons fabriquaient plus de chars que de charrues
Et de charrettes pour les moissons et les noces.
Le champ donnait du fruit ou bien n’en donnait pas.
Quand venait la famine chez les paysans,
Ils s’enrôlaient soldats sous le casque et l’épée,
S‘il faut tuer pour vivre, nous tuerons, comme à la chasse.
C’était bientôt, plus loin, là-bas, d’autres famines.
Et des révoltes qu’il fallait juguler par le sang.
La conquête et la guerre étaient la loi du monde.
On saluait aux carrefours le bronze des Césars
Ou la pierre, le marbre, de leurs simulacres,
Leur main levée au milieu des nuages
Comme s’ils imposaient leur discipline aux vents.
Nous vivions des malheurs et vivions des bonheurs.
Que manquait-il ? Il nous manquait la joie.
Il nous manquait de n’être pas plus que nous sommes.
Ne vivons-nous que pour un jour cesser de vivre ?
Ne sommes-nous que cette haleine fugitive
Et le temps d’un regard qui s’étonne et s’éteint ?
Ne sommes-nous que cette âme captive
De l’ombre ? Ô cœur, mon cœur, comme tu m’es lointain !
Alors Dieu vint parmi nous, se fit homme.
Il fut pour nous le chemin et la voie,
La vérité, la vie, et cette main tendue
Comme la main qui sauve un enfant qui se noie.
Il nous rendit la lumière perdue
Depuis le premier jour au sortir du jardin
Que nous avons quitté, mais qui fut nôtre.
Dieu voulut parmi nous se faire fils de l’homme.
Ce fut, un jour de neige, à la fin de décembre
En un lieu dit hameau de Bethléem,
Quelque bourgade obscure et très pauvre de Palestine,
Et tandis que César Auguste dénombrait,
Les inscrivant de son encre latine,
Un à un, en tout lieu, la foule des vivants
Comme un pécheur lance la nasse dans l’étang.
L’empire doucement se changeait en Royaume. »

 

 

 

Claude-Henri Roquet dans Méditations de Noël, in illo tempore, Le centurion

 

 

 

Joyeux Noël à chacun et chacune et chaleureuses bénédictions…     Evêque Martin

 



[1] Extraits du Rosaire Orthodoxe conçu par une moniale sous la protection de saint Jean de Saint-Denys

[2] Christian Bobin, L’homme qui marche, Le temps qu’il fait, 1995, p. 22

[3] D’après Paul Baudiquey, Pleins signes, Cerf, 1988, p. 117

 

 

 


PROGRAMME DES FÊTES AUTOUR DE LA NATIVITÉ

DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST A SAINT-MICHEL DU VAR

Téléchargeable ici


NOUVEAU PROGRAMME (corrigé le 14.10)

Saint-Michel  du  Var

Nouveau programme

Pèlerinage DE Saint Michel



mot de l’évêque

Voeux de monseigneur Martin, cliquez pour lire l'article

TEMPS DE L'AVENT

 

Chers frères et sœurs en Christ, chers amis,

Recevons en ce temps d’Avent qui débute les paroles incandescentes du poète contemporain Claude-Henri Roquet. Elles sont attribuées au prophète Elisée dialoguant avec Jessica...

"Ne doute pas de ton cœur ! Et de ce feu sur tes épaules qui te fait voir la vérité radieuse !

Ne doute pas de ce vin qui t’enivre !

Il est la sagesse de vie !  Ne cède pas ! Ne fléchis pas !" [...]

 

Lire la suite ...

ATTENTATS

Cliquez pour lire l'article complet

 père Jean Séraphim
(JY Leloup)

 

Plutôt que de lutter contre le mal, c’est-à-dire se mettre à son niveau, partager malgré nous son énergie destructrice, il serait sans doute plus sage de fortifier en nous le bien ou ce que nous considérons comme le meilleur...

 

Lire la suite ...

SAINT MICHEL ARCHANGE

Cliquez pour lire l'article


Revenir à l’origine... De toute éternité, Dieu est Lumière : la seule véritable Lumière éternelle, immatérielle, infinie et incompréhensible. Il repose dans le secret inaccessible de Sa Nature Unique et jouit de la communion inexprimable d’amour entre ses trois Personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit.


Lire la suite ...



"VEILLEZ ET PRIEZ " Mt 26, 41

DANS LA TRADITION HESYCHASTE

" ....Veillez et priez est le grand exercice proposé par le Christ tout au long des Evangiles...." + Martin. Lire la lettre ...

 

NAISSANCE D'UNE FRATERNITÉ DE PRIÈRE

En savoir plus ...


 

 

Sixième année de l’École de Philocalie à Saint-Michel du Var : "AUJOURD'HUI LA PÂQUE DES NATIONS"

 

Possibilité d'enseignement en ligne par E-learning.

En savoir plus

 


Bénédiction de l'eau en l'église Saint-Michel du Var par Mgr Martin - 2015

LE LIVRE DES TRENTE ANS